L'Ecole du Massage Intuitif publie des
articles exploratoires sur le massage, la relaxation, le
ressenti intuitif, la somatothérapie et les techniques corporelles.
Sommaire des dossiers pédagogiques :
Le massage somatothérapeutique
La relaxation coréenne
La méthode Alexander
La respiration
Actualité du massage et du bien-être
Réglementation du massage bien-être
Formation massage
Stage de relaxation
Ecole du massage intuitif
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LA
METHODE ALEXANDERUne technique pour désapprendre, un outil pour pratiquer le massage.
Au début
du 20è siècle, un jeune acteur de renom, pris d’une extinction de
voix et ne trouvant pas de solution médicale, décide de chercher
seul la cause de ses troubles.
C’est en
découvrant que la mauvaise utilisation de soi affecte ses fonctions
physiques qu’il met au point la méthode Alexander.
Elle s’est
répandue dans le monde et est utilisée dans de nombreux domaines
tels que : la musique, le chant, la danse , l’équitation et
le développement personnel.
LES
PRINCIPES DE LA METHODE ALEXANDER
Alexander
mit en évidence l’interaction constante entre le physique, le
mental et l’émotionnel :
« L’attitude mentale ou les états émotionnels déterminent
l’attitude corporelle. De même, les tensions physiques jouent sur
le mental ou sur la couleur des émotions ».
Nous avons parfois acquis de mauvaises habitudes pour nous tenir et
nous mouvoir : nuque cassée, tête rentrée dans les épaules,
épaules contractées, dos courbé ou trop cambré, poitrine
affaissée. Toutes ces
habitudes génèrent douleur, altération et dysfonctionnement de
notre état général. Désapprendre
ces attitudes et retrouver une bonne utilisation de soi est le but de
la méthode Alexander.
Cela
implique principalement de redéfinir la relation juste et dynamique
entre la tête, le cou et le dos. Tous les exercices de la technique
Alexander reposent sur ce schéma : trouver l’empilage
tête-cou-dos pour arriver à fonctionner dans son axe.
La façon dont la personne réagit à toute
stimulation interne ou externe détermine la qualité de ses actions, de
son fonctionnement et de ses possibilités d’évolution
harmonieuse.
Dans la
technique Alexander, comme dans le massage intuitif, on considère que la personne est un être
global : ce qu’il pense, ce qu’il ressent a une influence
sur son environnement. Le praticien Alexander incite son élève à
travailler la relation entre la pensée et les gestes. Il y a souvent
un dysfonctionnement entre ce que l’on fait et ce que l’on croit
faire. Par exemple, en redressant le dos de quelqu‘un qui se tient
toujours courbé en avant, la personne a l’impression de basculer
en arrière. Sa mauvaise posture lui semblait la plus naturelle et
confortable. Le praticien va mettre en lumière avec la personne que
toute mauvaise utilisation de soi s’accompagne de sensations
internes trompeuses. Il va justement tenter d’ancrer dans le corps
et le mental la plus juste posture pour des mouvements fluides et
moins douloureux. Il fait prendre conscience à la personne de son
schéma corporel. Un autre usage
de soi, plus conscient et plus respectueux de soi-même permet
parfois de dépasser des limites physiques stressantes ou
handicapantes.
Découvrir
les origines de la souffrance, puis se débarrasser de cette
dernière, permet d’accéder à de nouvelles sensations, plus
fines, plus subtiles. Grâce à ce travail de prise de conscience de
soi, la technique Alexander permet à la personne d’explorer ses
mécanismes internes , c’est-à-dire son système de pensée, sa
manière de bouger, la façon dont elle gère ses émotions . Au fur
et à mesure de l’apprentissage, l’élève devient capable
d’élargir progressivement sa conscience de lui-même, d’augmenter
son contrôle de soi et d’inclure, à sa guise, des informations
supplémentaires sans risquer de s’embrouiller.
Exemple
d’un exercice d’application utilisé en méthode Alexander :
Le
jeu de la chaise : pour
tester sa manière de s’utiliser et sa manière de penser.
S’asseoir :
en général, lorsqu’on s’assied, on le fait automatiquement, en
pensant à autre chose. Souvent la tête part en arrière, le cou se
contracte, les épaules se voûtent et le dos se casse en deux …bref
beaucoup d’efforts et d’énergie dépensés pour si peu, et si
souvent !
Se
lever : idem, la tête, le cou, le dos, les jambes, les hanches
ne se coordonnent pas spécialement et des forces contraires se
combattent, ce qui nous fatigue, nous use et nous raidit, malgré
nous.
Il
y a deux causes essentielles à cela : un usage corporel
incorrect, et la volonté d’atteindre un but (s’asseoir, se
lever), en oubliant les moyens de le faire.
Le
jeu de la chaise est intéressant dans le sens où il permet
d’améliorer son usage de soi et de se détacher du but.
Concrètement,
on « s’amuse » à :
pratiquer
le « stop » , c’est-à-dire marquer une pause
avant de s’asseoir ou de se lever, pour « arrêter de
vouloir le faire ».
ne pas
focaliser sur le résultat : s’asseoir - se lever
se
donner trois directions de base : cou libre, tête vers l’avant
et vers le haut, dos qui s’allonge et s’élargit. C’est ce
qu’on appelle en Alexander le contrôle primaire.
Garder
des jambes paresseuses et orienter mentalement les genoux vers
l’avant
Utiliser
le moins d’énergie possible
Se
laisser aller à s’asseoir et se lever très tranquillement, en
gardant la tête, le cou et le dos reliés.
UN
OUTIL POUR LE MASSAGE INTUITIF ?
Je trouve
que cette technique est en bonne synergie avec ma pratique du massage
de relaxation. En effet, je vois souvent des gens « déformés »
dans de mauvaises postures, où douleurs diverses et souffle
raccourci les installent dans la fatigue et le stress. Un travail
corporel préalable grâce à la technique Alexander, avec des
exercices et une prise de conscience de son schéma corporel
donne à la personne massée une plus grande conscience de son
corps et peut-être même un meilleur ressenti du massage reçu.
Cette prise en charge de la personne me semble « simple »
et efficace. Ma pratique du yoga m’a permis justement de trouver
une meilleure posture et un souffle plus libéré dans ma vie
quotidienne, mais cela prend de nombreux mois, années, et une
grande disponibilité pour en avoir les effets physiques et mentaux.
J’ai remarqué que les exercices de yoga rebutent la plupart des
gens qui souffrent de douleurs dorsales et articulaires. Il me semble
que la technique Alexander est un outil plus accessible et concret
pour apprendre à se décontracter et ajuster la manière de se
tenir. La personne a en quelque sorte « la preuve » de
son mauvais schéma grâce à l’aide du praticien qui va le guider
dans des sensations justes, et lui faire retrouver un schéma
corporel et mental confortable.
Pour moi aussi, dans ma pratique professionnelle, les
notions de posture et de mauvais usage de soi sont devenues
primordiales et font autant partie de mon identité de masseuse
que mon bagage psychologique. Par exemple : régulièrement,
pendant un massage, je m’aperçois que je suis « tordue »
sur la personne que je masse dans une attitude corporelle qui ne me
convient pas mais que je fais par automatisme. Trop penchée, dos
courbé, la tête en dehors de l’alignement de la colonne vertébrale.
Je me suis donné comme petit « jeu » de rectifier cela
chaque fois que j’en avais conscience, et surtout d’en prendre
conscience plus souvent pour me débarrasser de cette posture. Eh bien ça
marche ! Chaque fois que je rectifie, mes gestes deviennent plus
fluides, plus posés. Et cette remise en place corporelle entraîne
immédiatement d’autres « réglages » :
- ma
respiration se re-pose : abdominale, poumons relâchés, plexus
tombant.
- j’ai une sensation d’ancrage qui me relie au sol et me laisse la
tête légère pour laisser la place à l’intuition et au
ressenti.
En revanche,
je ne sais pas dans quel ordre cette réaction en chaîne peut se
faire : on peut commencer par sentir l’ancrage pour que la
respiration et la posture soient justes, ou alors mieux respirer pour
accéder à l’ancrage et au « déploiement » du corps
plus juste. C’est l’expérience qui me guidera, et je sens que je
progresse : pendant les massages, mais aussi dans la vie
courante, je me rends compte petit à petit que je dois de moins en
moins souvent rectifier ma posture, et que c’est plus au niveau de
ma respiration que je peux travailler.
Changer notre posture en se débarrassant de nos mauvaises habitudes
corporelles ou mentales, organiser sa pensée, se détacher du
résultat, admettre que notre mental et notre corps, nos émotions et
nos actions sont en perpétuelle interaction : ces thèmes ont
été explorés il y a cent ans par Mr Alexander, et j’admire sa
volonté, son originalité et la modernité de son travail. Cette
approche par le toucher et la parole m’ont fait penser à mon
propre apprentissage du massage intuitif et de la relaxation, et j’ai été
étonnée de découvrir les nombreux domaines d’application de
cette méthode. La méthode Alexander ne fait pas partie des
thérapies psycho-corporelles, elle est un mode d’éducation
somatique, et je trouve qu’elle aurait toute sa place dans un
module de notre école. CONTACTS :
Association
Française des Professeurs de la Technique Alexander : www.techniquealexander.org.
Tous les
professeurs membres de l’APTA ont suivi une formation de trois ans,
dans une école reconnue par la STAT (Londres). La STAT, fondée en
1958, est la plus ancienne association socio-professionnelle, qui
rassemble environ 2000 professeurs dans le monde.
Ecole du Massage intuitif : www.formation-massage-relaxation.com BIBLIOGRAPHIE :
L’usage
de soi, F.M Alexander,
éditions Contredanse
Vers un
contrôle constructif conscient de l’individu,
F.M Alexander, éditions Amal
Le bon
geste, Joël Carbonnel,
éditions Actes Sud
La
technique Alexander, Pedro
Alcantara, éditions Dangles
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